La vie des nanomatériaux… et la nôtre ?

Les nanoparticules, est-ce dangereux ? Pourquoi en met-on maintenant dans de nombreux produits de la vie courante ? Que se passe-t-il à ce sujet à notre porte sur le plateau de Saclay ?
Le « Collectif citoyen Nanotechnologies du Plateau de Saclay » a réuni 60 participants à Orsay à l’auditorium Jacques Tati pour en débattre le jeudi 10 avril 2014   à Orsay  de 20h30 à 23h à l’auditorium municipal Jacques Tati.
Des tonnes de nanomatériaux sont fabriquées, souvent pour bénéficier des propriétés exceptionnelles obtenues à l’échelle nanométrique en diminuant la quantité nécessaire. Des produits à très haute performance sont ainsi créés pour de nombreux domaines d’applications. Il y a aussi  des nanomatériaux dans de nombreux produits de la vie courante.
–  Dans quelles conditions les nanomatériaux de base sont-ils produits, transportés, manipulés ?
– Quels dangers présentent-ils et comment les risques sont-ils gérés ?
– Parmi les applications, lesquelles semblent les plus utiles et prioritaires ?
– De quelles informations les utilisateurs disposent-ils et comment peuvent-ils en  débattre ?
– Que deviennent ces matériaux lorsque les produits sont jetés ou se détériorent ?
– Quelles sont les possibilités de leur recyclage  en  fin de vie ?
– Que savons-nous des impacts sur notre santé  et sur notre environnement
Ces particules moins que microscopiques inquiètent les citoyens sensibilisés par la façon dont la question de l’amiante a été traitée il y a quelques années.  Ils s’interrogent sur les risques associés à leur manipulation et réclament plus de démocratie locale sur le sujet.

S. Lanone, G. de Calan et Y. Sivry

Les trois invités ont exposé leurs travaux et expliqué leurs points de vue : Guillaume de Calan, patron de la start-up NANOË (fabricant de céramiques nouvelles à vocation médicale ou industrielle essentiellement), Sophie Lanone, toxicologue à l’INSERM et Yann Sivry, géochimiste à l’Institut de Physique du Globe & Université Paris–Diderot, spécialiste de la migration des métaux dans l’environnement.

Gérald, Annick et Simone très attentifs au premier rang

Face à un vide législatif, les présentations ont fait ressortir le souci d’un acteur industriel de se conformer à la réglementation, protéger ses collaborateurs et indiquer à ses clients les bonnes pratiques à respecter ; elles ont montré, malgré le sérieux des études scientifiques sur la toxicité, l’énormité du chemin restant à parcourir pour obtenir des conclusions pratiques.
En conclusion ? L’évaluation des risques présentés par les nanoparticules est en progrès, mais très difficile du fait de la diversité de leurs propriétés physico-chimiques et biologiques. Les normes et réglementations nécessaires sont encore en phase de préparation. On commence seulement à se concerter au niveau international sur ces questions.
Les questions de la salle ont porté davantage sur les risques des nanotechnologies que sur les bénéfices qu’elles apportent et qui sont nombreux (par exemple dans le domaine médical).
Enregistrement du débat  animé par Simone Cassette et Annick Jacq

et conclusion de la soirée par Gérald Dujardin.
Il est vrai que les risques sont moins clairement mis en avant par les fabricants que les bénéfices. Il reste donc au débat public de porter la question des limites à construire quant à la diffusion des nanoproduits. Voilà donc un nouvel appel à poursuivre les échanges pour un futur progrès de la démocratie participative.
Quelques lectures pour approfondir.

 

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